Faire une place à l'inattendu

Une certaine disponibilité est le premier ingrédient du changement

Je suis toujours frappé par ces gens qui organisent leur indisponibilité, qui colmatent leur agenda pour s’assurer - ou se rassurer - de n'avoir plus de créneau libre. Qu’y a-t-il pourtant de plus agréable que de disposer de son temps, d’en rester « maître », d’une certaine manière, et de pouvoir accueillir l’imprévisible dans ses mailles ?

Mais non. Ce planning chargé jusqu'à la gueule, qui manifeste mon importance sociale, est aussi l’assurance d'un futur sans mystère. Surtout pas de blanc, pas de vide. On en ferait quoi ? Et puis sait-on jamais. La mort ne pourrait-elle s’y glisser ?

Je m’étonne encore, autre signal faible, que rien ne semble plus urgent que de mettre partout de la musique, comme s’il était nécessaire de saturer nos sens par peur de ce qui pourrait émerger. On bouche nos oreilles avec des casques. Même les fichiers musicaux sont compressés de manière qu’il ne reste pas de silence entre les sons. On sature la bande passante. Curieux projet.

Et voilà que nous avons toujours devant les yeux un écran, et un écran, faut-il le rappeler, c’est quelque chose qui cache.

Aurions-nous peur d’entendre ou de voir quelque chose d’inattendu ?