Sur la confusion

On dit qu’il faut se perdre dans une ville pour la connaître vraiment. Il faut croire que l’expérience de s’égarer est l’étape obligée vers un nouveau savoir. Pourtant je crois que personne n’aime la sensation d’être perdu. Mais la désorientation est une chance quand elle pousse à agir, à affûter ses sens pour déceler un signe, un indice, la forme que pourrait prendre le lendemain.

La confusion n’est pas seulement un mauvais moment qu’il s’agit de traverser comme un brouillard pour retrouver la route habituelle, mais la preuve qu’un changement est en train de bouleverser les repères, et jusqu’à la notion de route. Elle inquiète – elle réveille aussi.

Est-il possible d’apprendre à goûter cet état sans conclusion ?